Scagliola est un mot dérivé de scagli, qui veut dire écaille, et désignait un minerai de gypse abondant en Italie Romagne. Son nom lui vient de son aspect qui rappelait les écailles de poissons.
Par extension, le terme a désigné tout travail à partir de ce minerais.

 

Le nom scientifique de”scagli” est selenite, en référence à sa blancheur lunaire ( selene signifie lune en grec ancien ), et le nom rigoureux du travail scagliola est stuc marbre.

Le terme stuc-marbre lui-même ressemble à un pléonasme, vu que stuc veut déjà dire “aspect marbre” mais il met bien en évidence la similitude ente les travaux pratiqués selon la technique scagliola et les marbres issus de carrière

Durant la renaissance italienne, au seicento, les architectes et décorateurs utilisèrent énormément de marbre pour décorer chapelles, palais et immeuble de prestige. La demande était tellement forte que le marbre vint à manquer. C’est alors qu’un artisan, Guido Fassi, popularisa la technique du scagliola et lui donna ses lettres de noblesse.

Il est aujourd’hui considéré comme l’inventeur et le père fondateur du stuc-marbre scagliola.
D’autres sources placent la naissance du stucco marmo scagliola en Bavière au début du 16ème siècle. Aucune trace n’ayant été trouvée en Emilie Romagne avant la moitié de ce siècle, il est fort probable que des ouvriers transalpins aient diffusé cette technique dans les deux régions.

Mais qu’importe les fiertés régionales, le plus important sont les décors de la célèbre « Reiche Kapelle », dans le palais du Duc de Bavière, les décors des palais des Medecis, les tables incrustées et le génie créatif des artistes de cette période glorieuse.

Plus tard la technique émigra vers l’Australie, l’Angleterre, les États-Unis, puis finit par disparaitre. Probablement en raison des secrets entourant sa mise en oeuvre, certainement aussi à cause d’un changement de gouts de la clientèle et à cause d’un manque de créativité dans les produits proposés : colonnes et pans de murs ne s’accordent pas à tous les décors

Aujourd’hui à l’aube du IIIème millénaire, profitant du regain d’intérêt pour l’artisanat d’art, le stuc-marbre scagliola sort de son hibernation.

Citons dans la continuité classique les travaux de Bianco Bianchi ( http:/biancobianchi.com)
Ceux de Maurizio Felezia ( http://scagliole.it).

Et dans une veine plus contemporaine les travaux de Angelo Barrero( http://angelbarero.be ) et bien sûr les miens.

Share This

Share this post with your friends!