Scagliola désigne à l’origine un minerai de Gypse abondant au nord de l’Italie dont la particularité était son apparence d’écaille de poissons  » scaglie » en italien.
Ces « écailles » étaient tellement fines qu’elles ont même été utilisées en tant que vitres.
Pour l’anecdote, l’aspect blanchâtre de ces vitres rappelant celle de la lune, elles furent appelées « pietra de luna » et le minerai devint « sélénite »

Ce minerai de gypse, brulé puis brouillé, donnait un plâtre très blanc et très fin particulièrement apprécié des artisans italiens qui l’utilisaient pour la réalisation d’œuvres d’art.

 

Table en scagliola du 17ème siècle

Le plâtre, teint dans la masse, avec de la colle comme adjuvant, travaillé, appliqué puis poncé était souvent gravé et présenté avec des incrustations colorées.

Stucco Marmo est un terme synonyme de cette technique.
Sa définition littérale pourrait être  » imitation du marbre ressemblant à du marbre ».
Ce pléonasme rend bien compte du degré d’imitation de cette technique bien supérieure à celles à base de chaux telles que le tadelakt par exemple.
Pour des raisons de facilités de traductions, je n’utilisera exclusivement que le terme italien de stucco marmo

À la base le travail est le même, que ce soit stucco marmo ou scagliola : il s’agit de mélanger plâtre fin, colle et pigments, d’en faire des lasagnes de couleurs puis d’en couper des tranches à appliquer sur un support avant de poncer et de cirer.

Pourtant, depuis ses origines au 16ème siècle, cette technique connait deux applications principales :

– en revêtement de pans de murs et de colonnes dans les églises et palais, comme par exemple dans la Reiche Kappelle que certains appelles la chapelle Médicis du scagliola

– en incrustation selon la tradition de la pietra dura

 Pour des raisons pratiques, je préfère réserver le terme de scagliola pour les travaux avec incrustations, et celui de stucco marmo pour celui de recouvrement